Effet du nerprun bourdaine sur la régénération des arbres et sur les herbacées forestières

Mise en contexte

nerprun bourdaine

Plusieurs études réalisées aux États-Unis ces dernières années suggèrent que le nerprun bourdaine, un arbuste exotique envahissant (voir Étude de la distribution du nerprun bourdaine en peuplements naturels), peut causer une réduction de la survie et de la croissance de la régénération forestière en sous-bois. Toutefois, on ne peut pas affirmer avec certitude à partir de quel seuil d’abondance et dans quelles conditions écologiques le nerprun devient réellement nuisible pour la flore forestière. Ceci est dû aux nombreux facteurs écologiques confondants (qualité du site, type de peuplement, climat, impact de la faune, etc.) qui rendent difficile l’établissement de corrélations claires entre la présence ou l’abondance du nerprun et son effet présumé sur la régénération forestière.

 

Présentement, l’effet du nerprun sur la flore forestière du sud québécois demeure non quantifié puisque peu d’études s’y sont attardées. Il est donc important de réaliser une expérience pour mesurer cet effet négatif présumé du nerprun, dans un milieu forestier relativement homogène où l’on contrôlera un maximum de facteurs écologiques. Cela permettra d’isoler l’impact réel du nerprun bourdaine sur la régénération ligneuse et les plantes herbacées forestières.

 

Dispositif de recherche

Ce projet utilise comme environnement d’étude une plantation de peuplier hybride mature (15 ans) où l’on observe, depuis déjà quelques années, un gradient d’abondance du nerprun bourdaine sous les peupliers. Ce gradient d’abondance du nerprun est inversement proportionnel au gradient de croissance (ou de taille) des peupliers observés sur le site.

 

En octobre 2013, un dégagement chimique (glyphosate) a été réalisé sur la moitié de chaque parcelle expérimentale, de façon à créer un milieu sans nerprun et un milieu avec du nerprun. Quelques jours plus tard, de la chaux a été appliquée dans les parcelles où ont été plantées les herbacées forestières (le printemps suivant), de façon à améliorer les conditions du sol pour les plantes calcicoles. Au printemps 2014, l’ensemble de la plantation de peuplier a été clôturé de façon à éliminer l’impact potentiel du cerf sur l’expérience.

 

effets du nerprun chêne rouge dans l'herbicideEn mai 2014, des plants de chêne rouge et d’érable à sucre ont été mis en terre dans les parcelles. Ces espèces ont été sélectionnées puisqu’elles présentent une tolérance différente à l’ombre; l’érable à sucre étant très tolérant à l’ombre alors que le chêne rouge tolère modérément l’ombre. Ce choix d’espèce permettra de voir si le nerprun affecte la régénération ligneuse en fonction de sa tolérance à l’ombre. Parallèlement, 4 plantes herbacées forestières (la sanguinaire, le gingembre sauvage, le caulophylle faux-pigamon et le sceau de Salomon) ont été mise en terre. Deux d’entre elles sont légalement désignées comme « vulnérables » au Québec, soit la sanguinaire et le gingembre sauvage. Trois d’entre elles sont également des produits forestiers non ligneux (PFNL) bien connus.

 

Au total 480 plants d’arbres et 1 008 plants d’herbacées forestières ont été plantés sous les peupliers. La moitié de ceux-ci se trouve dans un environnement où le nerprun a été éliminé par dégagement chimique. L’autre moitié se trouve dans un environnement qui présente un gradient d’abondance de nerprun. Un tel dispositif permettra de déterminer avec précision dans quelle mesure le nerprun est nuisible pour les plantes de sous-bois et pour la régénération forestière, ainsi qu’à partir de quelle densité de nerprun cet effet se produit.

 

 

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Fiducie de recherche sur la forêt des Cantons-de-l'Est
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